Quentin Prugnières : « une saison difficile »

Publié par Justine Geisler le mardi 1 décembre 2020 à 09:49

Quentin Prugnières est le 1er de nos champions de France 2020 de motocross à qui on tend le micro pour débriefer sa saison. Le pilote Bud Racing dresse un bilan en demi-teinte. Il raconte.

LeBigUSA.com : Quel bilan dresses-tu de ta saison 2020 ?
Quentin Prugnières : Pour être honnête, il y a une part de satisfaction mais également une grosse part de déception. Je suis satisfait de l’évolution que j’ai connu tout au long de l’année parce qu’on a beaucoup travaillé avec Thierry (ndlr : Thierry Van den Bosch, son entraineur). J’ai très mal commencé la saison lors du championnat d’Europe 125 à Matterley Basin. Ca m’a énormément frustré. Après ça, il y a eu une grosse charge de travail que ce soit physiquement, mentalement ou sur la moto. Je suis donc content de tout ce qu’on a abattu mais concernant mes résultats, je m’attendais à mieux. J’ai eu des occasions de monter sur des podiums de GP que je n’ai su saisir à cause de mauvais départs ou autre. Ne pas avoir gagné une seule manche est un regret.

Qu’est ce qui t’a manqué pour entrer dans tes objectifs ?
Il m’a manqué des bons départs. Je pense avoir eu la vitesse pour bien faire mais je n’ai jamais vraiment réussi à partir devant. Du coup, il fallait sans cesse cravacher mais ça n’était pas suffisant. J’ai aussi fait des meilleures secondes manches lorsqu’on analyse mes résultats. C’est comme si j’avais eu besoin de me faire remonter les bretelles après des 1ères manches décevantes. Ce sont des choses à ne pas reproduire. A l’Europe, si tu ne pars pas dans les 10, c’est difficile de remonter ensuite dans le top 3 à moins d’être vraiment au-dessus du lot. Les autres partent et les écarts se font très vite. A partir du 5ème ou du 6ème, ça fait bouchon et c’est compliqué de trouver les ouvertures.

Tu dis avoir eu besoin de te faire remonter un peu les bretelles… Penses-tu avoir eu un manque sur le plan mental ?
Oui même si je ne saurais pas vraiment dire pourquoi le fait de me faire secouer un peu m’aide à avancer. C’est un point sur lequel je travaille. Je dois surtout trouver la régularité et arrêter de me mettre par terre. Il y a des chutes inévitables comme lorsqu’un pilote tombe devant moi à Mantova mais il y en a d’autres que j’aurais pu éviter. C’est comme ça. C’est d’autant plus frustrant que j’ai presque toujours fait de belles remontées. Pour une 1ère saison en 125, je me dit que ce n’est pas catastrophique non plus. Je termine 8ème du championnat alors que je ne me suis pas qualifié en Angleterre. Je pense que c’est acceptable. Devant moi, pas un seul n’a moins de 17 ans.

Penses-tu être assez agressif sur ce championnat où il faut jouer des coudes pour être aux avant-postes ?
Personnellement et à l’entraînement par exemple, je ne me trouve pas assez agressif. En revanche, lors des compétitions, c’est différent. Si je me retrouve derrière un pilote et que je n’ai pas vraiment d’autre choix que d’aller le sortir, je n’hésiterai pas très longtemps. Ce n’est pas que je suis bagarreur mais au fond, il y a une partie de moi que ça amuse. Sur le terrain, je ne suis pas là pour me faire des amis et à l’Europe, quoi qu’il en soit, on a pas vraiment le choix. C’est soit tu joues des coudes, soit tu restes derrière. Je le dis ouvertement aujourd’hui mais tout le monde pense la même chose. Cette saison, j’ai découpé, je me suis fait découper… ça fait partie du jeu. Les deux premiers tours, c’est le gros chantier. Les autres n’hésitent pas.

C’est le cas à l’Europe mais pas forcément en championnat de France ?
Non effectivement, c’est beaucoup plus tranquille. Le fait de ne rouler qu’entre français y est pour beaucoup. On se respecte peut-être davantage et on se suit depuis pas mal d’années. Ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas de batailles mais c’est moins agressif disons. Après, je dois admettre qu’on a bien bataillé avec Pierre Dubost cette année. Ça a commencé à Castelnau avant qu’on ne remette le couvert à Rauville. C’était parfois chaud mais plutôt cool. C’est quelque chose que j’aime dans ce sport, se dépasser et jouer des coudes. D’autant que j’arrive à faire la différence entre ce qui se passe sur la piste et en dehors. Avec Xavier Cazal par exemple, on se suit depuis petits et on s’entend super bien. Pour autant, il nous est déjà arrivé de nous accrocher sur la piste. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas être trop gentil sinon les autres en profitent et après tu te fais marcher sur les pieds. Ce n’est pas compatible avec mon caractère.

Tu as parlé de Matterley Basin. Comment expliques-tu cette ouverture de saison pour le moins décevante ?
Mentalement, je n’étais pas très bien. Un de mes amis d’enfance était dans le coma une semaine plus tôt. Il y a aussi eu l’accident de Brian Moreau qui m’a touché même si nous ne sommes pas spécialement proches. Pour moi, Brian est un exemple. Il fait des choses sur la moto que les autres ne font pas et sa chute m’a affecté. Ça m’a fait réfléchir mais ça a aussi entrainé une sorte de blocage. Il y a des sauts que je ne voulais pas sauter, des risques que je ne voulais pas prendre. J’avais peur de la chute, je pensais à la blessure… bref je n’étais pas à ce que je faisais et ça a été compliqué. Il a fallu passer très vite à autre chose et avancer mais bien évidemment, je l’ai vécu comme une défaite. Ça m’a aussi servi de leçon pour la suite.

Cette année, tu décroches malgré tout le titre de champion de France Junior dès ta 1ère saison en 125. Est-ce une satisfaction d’être l’un des seuls à avoir enchainé les titres Cadet et Junior de façon consécutive ?
C’est effectivement très satisfaisant. Après, je ne veux pas paraître prétentieux en disant cela mais mon objectif était surtout porté sur le championnat d’Europe. Du fait, j’aurais préféré faire au moins un podium de GP quitte à ne pas être champion de France. Encore une fois j’espère ne pas choquer en disant cela. Ce n’est pas du tout mon but. Je suis très content de mon titre mais c’et juste que je ne suis pas pleinement satisfait de ma saison.

Tu roules l’Europe 250 l’an prochain. Comment se passe actuellement la transition entre le 125 et le 250 cm3 ?
Au début, c’était un peu compliqué. J’ai eu du mal à prendre la moto en mains mais aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Je commence à m’amuser et avoir de bonnes sensations dans les sauts, les virages. Dans le sable plus que dans la terre, ça tire encore un peu sur les bras mais dans l’ensemble, ça va. On procède par étapes avec Thierry. J’ai beaucoup de boulot pour être là où j’aimerai me trouver. On essaye d’avancer à un bon rythme mais sans bruler les étapes. On veut faire les choses bien. Je connais mes limites sur la moto donc je les pousse doucement. Les sensations arrivent au fur et à mesure. Il faut encore se faire au pilotage 4 temps mais ça vient. Surtout, je m’amuse et c’est le plus important. Je n’oublie pas que c’est la base. Lorsque je ne m’amuse pas, je cherche toujours des solutions pour y remédier.

Le sable, est-ce une texture dans laquelle tu es à l’aise ?
J’ai toujours bien aimé le sable et j’ai toujours bien roulé sur les pistes sablonneuses. Cette année, c’est dommage de ne pas avoir pu concrétiser sur les épreuves de l’Europe concernées. A Lommel, j’ai fait plein d’erreurs techniques. Ce n’était pas le Quentin qu’on a l’habitude de voir rouler dans le sable. C’est dommage. Je ne me cherche pas d’excuses, je n’ai juste pas réussi à mettre les choses en place.

As-tu aimé une course plus qu’une autre ?
J’ai bien aimé la piste de Mantova mais les conditions n’étaient pas super. Lors du dernier GP à Faenza, je me sentais bien. Sinon, j’ai beaucoup aimé la piste du GP d’Espagne.

Malgré le Covid et le confinement, ça n’a pas été trop difficile de garder une routine d’entrainement et des objectifs de compétition ?
Ce n’était pas facile effectivement. C’était surtout lassant. Comme j’étais confiné chez mes parents, je n’avais pas beaucoup de matériel pour m’entrainer physiquement. On a réussi à adapter les programmes mais je n’avais pas encore de vélo de route par exemple alors je courais beaucoup. Au niveau des circuits training, c’était beaucoup les mêmes exercices. Après, étant resté sur l’échec de Matterley, j’avais la hargne. Il s’agissait de rectifier le tir et d’être prêt pour la reprise.

Est-ce agréable de vivre dans le sud-ouest de la France ? Retrouves-tu des similitudes avec la Réunion d’où tu es originaire ?
Hossegor et les Landes en général, c’est vraiment top. C’est une belle région et c’est agréable d’aller courir sur la plage ou dans les forêts landaises. Lorsque tu prends le temps d’aller voir un coucher de soleil ou de faire un resto, le cadre est génial. Maintenant, je ne peux pas vraiment comparer avec la Réunion. Je n’y ai vécu que 7 ans et pour le coup, ce n’est pas comme si je venais juste d’arriver en France. J’ai mes habitudes en métropole et pour ce que j’en sais, le sud-ouest serait davantage comparable à la Californie.

Trouves-tu le temps de faire d’autres choses que de la moto ou du physique ?
J’essaye. Notre sport est incroyable mais si on s’isole trop dans ce carcan moto, on prend le risque de se lasser et de se perdre. Il faut quand même qu’on prenne du plaisir dans ce qu’on fait et je pense qu’on a le droit de s’accorder quelques moments ludiques pour s’amuser un peu. Je ne me considère pas comme un ado normal mais je reste malgré tout un ado. Je ne veux pas devenir insociable et ne pas être capable de parler d’autre chose que de moto. Je veux rester ouvert et pouvoir discuter avec des gens qui ne sont pas du milieu ne serait-ce que pour décharger un peu de pression.

Comment s’organisent tes journées entre l’école, la moto et l’entraînement physique ?
En ce moment, avec le Covid, je n’ai cours qu’une semaine sur deux. Le reste du temps, ce sont des devoirs à la maison du coup je peux m’organiser plus facilement pour rouler. Je m’entraîne 3 ou 4 fois par semaine, je peux faire mes sorties vélo plus tranquillement. Finalement, c’est difficile à dire mais c’est presque plus simple pour moi en cette période compliquée. Je ne peux pas dire qu’à mon niveau, je subisse beaucoup la crise sanitaire. Avec le statut de sportif de haut niveau, ça ne change pas grand chose. A la limite, le masque m’arrange presque lorsque je suis en cours, je ne subis plus la mauvaise haleine des profs ! (rires).

N’est-ce pas un peu compliqué d’avoir une scolarité normale tout en aspirant à devenir pilote professionnel ?
Au delà de mon envie de devenir pilote pro, je suis du genre à penser que les études ne servent pas à grand chose. Si tu as envie d’exercer un métier bien spécifique qui requiert de longues études comme être chirurgien, avocat ou encore architecte, là d’accord. A l’inverse, il y a des métiers qui demandent surtout une bonne grosse dose de motivation, d’envie et ce n’est pas l’école qui va te l’apporter. J’aimerais bien avoir mon bac mais soyons honnête, que va-t-il m’apporter ? Un bac général tout seul ne t’ouvre aucune porte. Il faut poursuivre plus loin. Je connais des personnes parties de rien qui n’ont pas fait d’études mais qui ont réussi parce qu’elles se sont bougées et c’est bien le plus important pour obtenir ce que l’on veut. Du coup, j’ai tendance à penser que je perds un peu de temps dans mon entraînement et ma progression en moto. Surtout que j’avais des facilités jusqu’en 3ème mais depuis que je suis au lycée, ce n’est plus le cas notamment dans les matières scientifiques. Entre la rentrée de septembre et le début du mois de novembre, je n’ai fait que 8 jours de cours. Forcément, c’est compliqué. Les profs ne sont pas tous compréhensibles vis à vis de la place qu’occupe le sport dans ma vie. Il y a aussi des matières dans lesquelles je suis plutôt bon mais comme je loupe pas mal d’évaluations, on nivelle mes notes pour que ce soit plus équitable vis à vis des autres élèves qui eux, ont toujours été là. Du coup, ça ne me permet pas de remonter ma moyenne comme je le pourrais. Bref, il va falloir redoubler d’efforts par la suite mais c’est loin d’être facile. Certains comme Maxime Renaux y arrivent très bien et ils ont tout mon respect. Peut-être qu’en aimant davantage l’école, ce serait plus simple pour moi. En attendant, je fais ce que je peux.

Prends-tu des pilotes comme modèles, admires-tu certains en particulier ?
Il y en a plusieurs à commencer par James Stewart. Lorsque j’étais petit, j’avais un DVD de lui. Je l’ai tellement poncé que le disque est devenu tout jaune ! Stewart faisait des choses que personne d’autre ne faisait techniquement et en plus, il avait la manière de faire, de gagner. Il y avait toujours ce petit détail en plus qu’il s’agisse de claquer un énorme scrub sous le drapeau à damiers, d’être le seul à sauter un quadruple ou de passer la ligne de whoops plus vite que tous les autres. Le type repérait des enchainements que personne n’aurait tenté le premier. C’était fou. En Europe, j’aime beaucoup Gautier Paulin. C’est un pilote qui a toujours roulé devant, dans de bonnes équipes. Il a bien mené sa carrière tout en étant beau à voir rouler et en ayant la classe, discret tout en étant présent juste ce qu’il faut sur les réseaux sociaux. Dans le même genre, je suis fan de Dylan Ferrandis. Le mec fait son truc sans s’occuper des autres. Il ne suit personne sur Instagram, c’est insolent (rires). En attendant, il les tord tous lorsqu’il monte sur la moto. J’adore. Il a le style, il fait son truc avec sa femme et son entraîneur. Il peut bien se faire huer par le public comme à Anaheim 2 lorsqu’il découpe Craig, c’est lui qui gagne à la fin. Tomac est aussi incontournable. C’est une machine. Pour moi, c’est l’équivalent d’Herlings en Europe.

Tu parlais d’Instagram avec Dylan. Que penses-tu des réseaux sociaux, toi qui fait partie de cette génération ultra connectée ?
Aujourd’hui, c’est quelque chose d’indispensable notamment pour les sponsors. Tu ne peux pas te permettre d’être complètement absent. Il faut trouver le juste milieu. J’avais tendance à tout partager il y a encore quelques temps mais j’en mets beaucoup moins aujourd’hui. J’essaye surtout de partager quelques trucs funs notamment à l’entraînement avec mes coéquipiers. Mais quand tu regardes, les mecs qui sont sur les plus hautes marches du podium en Europe ou aux USA, tu ne les vois pas trop sur les réseaux. Je me détache aussi de ce que je peux lire. Quand je vois ce que certains ont pu dire après la chute de Brian, c’est ignoble. Les gens se sont lâchés aussi après ma contre-performance à Matterley. J’étais un petit merdeux et c’était prévisible, je n’allais rien faire en 125. Bref, je n’étais déjà pas bien et ce que j’ai pu lire, ça ne m’a pas vraiment aidé. Heureusement, ce n’est pas une généralité. A l’inverse, je suis content de voir que je touche les plus petits. Ca me fait plaisir lorsque je vois les minots avec les petites draisiennes Bud qui portent mon numéro. Idem lorsque les gens viennent me voir sur le championnat de France pour me demander un autographe, ça me fait plaisir et j’essaye d’être le plus accessible possible pour eux.

Aujourd’hui, quelles sont les personnes les plus influentes de ton entourage ?
Il s’agit d’un cercle composé de mes parents, mes sœurs, Stéphane, Thierry, Lucien (ndlr : Lucien Caggiano, préparateur suspensions), Ben (ndlr : Benoit Grauby, motoriste) et Steween, mon entraîneur. Ce sont des personnes qui ont la tête sur les épaules, qui savent ce qu’ils disent mais surtout qui me connaissent. Quand ça ne va pas, ils savent le dire. Ils savent aussi me faire redescendre si je commence à me sentir pousser des ailes. Ce sont les seules personnes qui ont le droit de me dire ce qu’ils pensent de moi. Les autres, je n’accorde pas d’importance à leur discours. Ils ne me connaissent pas, ignorent les sacrifices que je peux faire. Ma famille, Stéphane et Thierry savent exactement ce que je fais au quotidien. Lucien a une grande expérience et il sait qui je suis. Ben sait comment je roule et mon mécano, il est tout le temps avec moi. C’est un pilier dans le sens où il est avec moi dans les bons comme dans les mauvais jours. Il sait me dire quand je roule bien ou quand je suis capable de faire mieux. Ma famille est un peu moins présente sur les circuits aujourd’hui mais elle garde une place très importante sur le plan mental. Le jugement de mon père est également toujours le bon lorsqu’il me voit rouler. J’ai la chance d’avoir un entourage sain. C’est une force.

Avec les autres pilotes de l’équipe, comment se passent les entrainements ? L’ambiance est-elle au beau fixe ?
Pour commencer, c’est plutôt cool de ne pas aller à l’entrainement tout seul. L’arrivée d’Haakon Frederiksen va me permettre d’être tiré vers le haut et de voir le niveau du top 3 sur l’Europe 250. La présence des Coenen est également une bonne chose. Sacha m’impressionne. Il est très rapide, dans le sable notamment. Il est très audacieux et fait des choses vraiment bien techniquement avec une vitesse de malade. Il me pousse parce que lui, il ne s’endort vraiment pas. Il est champion de France Espoirs cette année et l’an prochain, il risque de faire mal. Concernant Lucas, je n’ai pas encore beaucoup roulé avec lui car il s’est blessé. Quant à Amandine Verstappen, elle apporte son lot de choses et tous ensemble, nous avons une belle dynamique de groupe. On avance dans une ambiance studieuse et familiale en même temps.

Comment est-ce de travailler avec Thierry Van den Bosch après avoir travaillé aux côtés de Steven Frossard ?
C’est différent parce que j’étais plus jeune lorsque je travaillais avec Steven. J’ai d’ailleurs commencé avec Steve Bernard avant de bosser ensuite avec Steven. Il y avait pas mal de ludique et du technique proportionnellement à l’âge que j’avais lorsque je travaillais à leurs côtés. Avec Thierry, je découvre le travail que doit fournir un pilote de GP. J’arrive dans le monde des grands. Steven m’y a préparé avant que Thierry ne prenne le relais. L’approche de VDB est complète. On a le dialogue facile ce qui était le cas aussi avec mes précédents entraineurs. On ne se cache pas les choses, lui comme moi. On se fait confiance. Je préfère d’ailleurs qu’il me dise les choses comme elles sont plutôt que d’arrondir les angles. On ne passe pas quatre chemins et c’est ce que j’aime. On ne perd pas de temps. De toute façon, si je cache quelque chose, Thierry le verra directement à mon visage ou à travers mon pilotage.

A long terme, qu’est-ce qui te fait le plus rêver ? Rouler le mondial ou tenter ta chance aux Etats-Unis ?
Le rêve, ce serait de décrocher un titre en mondial MX2 et partir aux Etats-Unis dans la foulée pour faire une 1ère saison en 250 avant d’enchaîner en 450. Une carrière à la Roczen m’inspire. Le truc, c’est que je n’ai pas fait beaucoup de Supercross pour être sûr d’un tel choix. En attendant, les pistes US me font rêver et j’aime la hargne des pilotes américains qu’on ne retrouve pas toujours en Europe. On ne voit plus beaucoup d’actions viriles en MXGP. On n’ose plus aller au contact même si j’ai bien aimé cette année la bagarre entre Geerts et Vialle à Arco. Ca manque de piment à l’inverse des courses US où ils osent davantage aller au contact.

En attendant et à très court terme, quels sont tes objectifs l’an prochain ?
Rouler. Je ne me fixe pas d’objectifs de résultats mais plutôt d’évolution. Je veux continuer à m’amuser sur la moto, travailler dur, apprendre et progresser. J’espère pouvoir donner le maximum sans me poser 10 000 questions.

Propos recueillis par Justine Geisler.

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