« Il était une fois le SX US » (Carmichael)

Publié par Stéphan Legrand le vendredi 27 mars 2020 à 19:15

Dans le chapitre 6 du livre « Il était une fois le Supercross américain », tous les champions SX US sont à l’honneur à partir de Jeremy McGrath. Parmi eux, Ricky Carmichael est le « goat ».

Le casque vole dans le camion et s’écrase au sol dans un bruit terrifiant. Ricky Carmichael a perdu une finale. Il est furieux. Ses yeux rougis par la colère cherchent son mécanicien. Un juron sort de bouche. Perdre n’est jamais une option. « Il a toujours eu un mauvais caractère, raconte Jeannie, sa maman. Heureusement qu’il gagnait souvent lorsqu’il était petit. » Après avoir dominé les championnats amateurs, Ricky se retrouve chez les professionnels en SX 125cm3 au guidon d’une Kawasaki Pro Circuit. Ses débuts sont erratiques. Il chute beaucoup, fait des erreurs mais finit quand même par gagner le championnat SX 125cm3 de la côte Est en 1999. L’année d’après, il débarque dans la catégorie reine. Court sur pattes, un poil grassouillet, il n’a pas le physique pour s’imposer. Il fait appel à Aldon Baker, un ancien champion de VTT, pour l’entrainer à plein temps. « Ricky était enrobé physiquement, raconte t-il. Je l’ai alors mis sur un programme structuré avec un régime drastique. Personne n’avait vraiment d’entraîneur particulier dans le milieu, j’étais un peu la bête curieuse ». Les efforts ne paient pas immédiatement. Ses deux premières saisons dans la catégorie reine sont chaotiques : « J’ai du revoir à la baisse mes objectifs, dit Ricky. Je me suis blessé. J’ai raté des courses. » Il faut attendre 2001 pour vraiment voir Carmichael dominer le Supercross à partir de son 1er titre SX 450 en 2001. Ses innombrables victoires en motocross lui donne d’ailleurs le surnom de « The GOAT » (Greatest of All Time, « le plus grand de tous les temps »). Il devient une machine à gagner. « C’était comme si rien ne pouvait l’atteindre, dit Chad Reed, un de ses plus féroces adversaires. Il se mettait une chute énorme pendant les essais, se faisait poser des points de suture et il s’imposait le soir quand même. »

Ne jamais rien lâcher
Son dernier championnat SX 450 en 2006 reste certainement l’une des plus belles saisons de l’histoire du Supercross. En arrivant à la finale de Las Vegas, seulement cinq points le séparent de Reed et Stewart pour le titre. La pression est immense mais pas suffisante pour faire craquer Carmichael. Il gagne son 5ème titre SX 450. Dans sa roue, le jeune James Stewart essaie de se faire une place au soleil. Ricky décide qu’il est temps d’annoncer sa retraite. « Le rêve de n’importe quels sportifs de haut niveau est d’arrêter sa carrière sans jamais avoir été battu, dit-il. Quand tu es au top, tu penses que tu peux continuer, que tu es imbattable. Le jour où tu es battu, tu ne veux pas arrêter sur une défaite et tu fais une année de plus. C’est un cercle vicieux. » Il laisse derrière lui un jeune pilote aux dents longues avec lequel il n’a pas beaucoup d’affinités : « James Stewart est un pilote exceptionnel. Il fait des trucs incroyables sur sa moto. Il n’avait pas peur de tenter des choses auxquelles les autres ne pensaient même pas. Le seul problème est que sa personnalité est en train de le dévorer vivant. » La détermination et le travail acharné resteront les piliers du succès de la carrière de Ricky Carmichael : « Pour être champion de SX, il ne faut aucune distraction. A mon époque c’était sans doute plus facile. C’est bien de rouler vite mais passer son temps sur Instagram n’apporte rien du tout. La recette est de bien s’entourer, de travailler dur et d’accepter beaucoup de sacrifices. »

Par Stéphan Legrand (avec les Editions Hachette – photos Jeff Kardas/S. Legrand).

Palmarès Ricky Carmichael

Pilote américain né le 27/11/1979 à Clearwater (Floride)
5 titres SX 250/450 (2001, 2002, 2003, 2005, 2006)
48 victoires SX 450

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