« Il était une fois le SX US » (Tortelli)

Publié par La Rédaction le lundi 20 avril 2020 à 18:03


Le chapitre 11 du livre « Il était une fois le SX américain » se consacre aux pilotes français qui ont gagné au moins une épreuve 450 dans leur carrière. Comme Sébastien Tortelli en 1998. 

Le public du Coliseum de Los Angeles n’en revient pas. Un français débarquant de nulle part gagne la finale SX 250cm3 devant Jeff Emig et Jeremy McGrath. Les applaudissements sont timides lorsque la Kawasaki n°103 passe la ligne d’arrivée. Ils ne connaissent pas encore Sébastien Tortelli. Champion du Monde de motocross 125 cm3 à tout juste 17 ans en 1996, il réédite l’exploit deux ans plus tard. Il bat à la régulière Stefan Everts qui deviendra le pilote le plus titré de toute l’histoire du motocross avec ses dix titres mondiaux. « L’année 1998 avait été exceptionnelle pour moi, dit Sébastien. Je n’avais jamais caché mon désir de poursuivre un jour ma carrière aux Etats-Unis. J’avais signé un contrat longue durée avec Kawasaki mais, dès la saison précédente, j’avais prévenu l’équipe que, quelle que soit l’issue du championnat, en fin d’année je partirais assouvir ma profonde passion du Supercross US. » Son coup d’essai avec sa victoire dans le Coliseum de Los Angeles en 1998 devant les ténors du SX américain est tout simplement grandiose. Lorsqu’il signe chez Honda en 1999 pour s’installer pour de bon les choses se compliquent néanmoins. « J’aurais dû rester sur la Kawasaki que je connaissais bien, avoue t-il. En arrivant en Californie, j’ai vécu trop de changements d’un coup. C’était certainement une de mes erreurs. En tête du championnat de motocross je me blesse au poignet. Ca commençait mal

Des blessures à répétition
De Honda à Suzuki, il rencontre quelques succès notoires et de beaux accessits. Il est notamment 4ème du championnat SX 250 en 2002 mais sur le papier la moisson est bien maigre au final. Non seulement il se heurte sur la piste à des champions comme Jeremy McGrath ou Ricky Carmichael mais il est en plus confronté à des blessures à répétition qui l’empêchent sans cesse de concrétiser tous les espoirs placés en lui : « Tout allait vraiment bien chez Suzuki avant de me blesser au ligament antérieur du genou gauche, raconte Sébastien. Je me fais opérer mais je choisis le mauvais chirurgien. Il me fait perdre quasiment un an et demi de compétition à un moment très important de ma carrière. » Il est inutile de préciser que le français vit des moments très difficiles. Son moral en prend un coup. « Lorsque le genou lâche après la 2ème opération et que le médecin dit que je fais partie des 1% de malchance, il est temps d’arrêter.» Poursuivi par des mauvaises décisions, des blessures à répétition et des résultats peu probants, le français se retrouve face à une impasse, devant un mur insurmontable. « Après une blessure, tu repars de zéro, tu travailles dur, tu bosses, tu passes du temps à faire de la rééducation et sans savoir pourquoi ni comment tu te blesses au poignet cette fois. Tu redescends un peu plus bas. C’est une sorte de mauvaise spirale dans laquelle il faut essayer de ne pas se laisser emporter. J’ai essayé mais j’ai échoué. » Après un passage éclair chez KTM pour rouler en Europe, Sébastien décide de raccrocher le casque dix ans tout juste après son 1er titre mondial : « Je ne peux que regretter de ne pas avoir conquis de titres aux Etats-Unis. J’ai tout donné. J’ai toujours travaillé dur ce qui me permet de dormir sur mes deux oreilles. Le reste fait partie de l’histoire. Je me sens extrêmement privilégié d’avoir pu évoluer au plus haut niveau des deux côtés de l’Atlantique… »

Par Stéphan Legrand (Editions Hachette – photos RacerX/Joe Bonnello/S. Legrand).

Palmarès Sébastien Tortelli

Pilote français né le 19 août 1978 à Agen (France)
1 victoire SX (1998)


13 Commentaires



  1. Piedthym ( Posté via l'application )

    Un monstre de physique et de gros cœur !!!
    C’est sur que vu le potentiel on attendait de grandes choses de lui aux US, après les blessures et le cross…..
    Ça restera un très grand pilote français et de GP, dans le cercle restreint des champions du monde 125/250 (MX2/MXGP), pilote qui a battu le maître Everts, et puis arriver aux US, faire une course en SX dans la catégorie reine et la gagner direct, ça je pense que pour un non américain ça reste et restera longtemps unique.

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    • Robin sx ( Posté via l'application )

      De tte façon seb tortelli mentalement il était indestructible il a battu Everts il aurai pu battre Carmichael ce qui a fait la différence c que Carmichael avait la connaissance dès circuit et l’adaptation a des forte chaleur et ça ça y joue bcp

  2. Guidouch89

    La poisse quant tu nous tiens!!Seb l’a eu toute sa carrière ,dommage car il vendait du rêve,après au regard des chutes très violentes qu’il a subi il faut qu’il s’estime heureux .j’adorais son style.

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  3. AngeFai ( Posté via l'application )

    Quel pilote remarquable !

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  4. PROLINK

    Pas verni avec les blessures Sébastien mais en MX un des rares avec DV à avoir pu battre ponctuellement RC4 avec 3 victoires en outdoor ( Glen Helen 1999, RED BUD 2000 et Hangtown 2001). Vice-champion outdoor 250 2000!

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  5. mxsxfan

    Définitivement plus à l aise en outdoor qu’en sx ! Une attaque hors norme mais aussi parfois du mal à se controler ce qui lui a valu des tôles d anthologie et malheureusement des blessures.
    En tout cas un grand pilote et une personnalité vraiment très sympa.

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  6. Yann29

    Mon idole de l époque quand il roulait en 125 GP. Et je regardais encore y a pas longtemps son 1er GP en 250 à Iffendic en 1996. Que de bons souvenirs, un mec énorme 👍

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    • roncada21 ( Posté via l'application )

      Je pense que tu veux dire en 99 son premier gp 250?. Il est vice champion 125 en 98 dv

    • mxsxfan

      @roncada21 non c’est bien en 98 que Tortelli est champion du monde 250. Suivi par 2 titres de Bolley et 2 de Pichon. Sacrée periode pour le mx français.

  7. jcrivet ( Posté via l'application )

    Si ma mémoire est bonne, c’est aussi lorsqu’il est parti aux US qu’il a cessé sa collaboration avec Vimond.

    Je ne serais pas étonné que, parmi les bouleversements dans sa vie, celui-ci l’ait aussi handicapé…

    Ce qui m’a toujours frappé aussi c’est son pilotage qu’on qualifiait de « généreux ». Mais parfois il jouait avec les limites et se blessait aussi à cause de ça.

    J’ai une vraie nostalgie pour le bonhomme aussi qui était très présent pour les fans à la fin des courses.

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  8. a9stewaf ( Posté via l'application )

    Quel pilote effectivement. Que devient il d ailleurs ? Laurent

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    • mxsxfan

      Il est en Espagne ou il dirige l ecole de pilotage champfactory MX

  9. Yann29

    Roncada 21 c est bien en 1996 son 1er GP 250, 11ème course du championnat, il avait une autorisation de la fédé pour participer à ce GP de France à Iffendic. D ailleurs il complète le podium avec une 3ème place au général. Beau souvenir avec Bollley dans la team

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