« C’est arrivé avec »… Ashley Fiolek

Publié par Stéphan Legrand le mercredi 29 avril 2020 à 17:35

Après bientôt dix ans de reportages un peu partout dans le monde du cross, la rédaction LeBigUSA a vécu quelques situations loufoques et des moments intenses. LeBig lance le bal.

Juillet 2009, je rencontre Ashley Fiolek, jeune pilote sourde et muette, pour la 1ère fois en vue d’écrire un reportage sur sa vie, son oeuvre. Nous avons rendez-vous sur le terrain de Glen Helen à San Bernardino (Californie) tôt le matin pour une séance photos. Ashley est accompagnée de Roni, sa maman, qui m’aide pour la traduction en langage de signes. Tout se passe bien. La jeune pilote Red Bull a l’habitude des journalistes et se montre très professionnelle malgré son jeune âge. Son sourire et sa bonne humeur font plaisir à voir et permettent de travailler dans une ambiance très décontractée. Sitôt la séance terminée, je leur propose de déjeuner ensemble au restaurant le plus proche afin de pouvoir faire l’interview. Autour de la table, je suis un peu nerveux car je n’ai jamais interviewé quelqu’un par l’intermédiaire d’une autre personne.

Le drame
Roni se fait un plaisir de traduire mes questions et Ashley y répond usant de ses mains avec dextérité. Le déjeuner se déroule plutôt vite, l’entrevue est entrecoupée de rires et le courant passe immédiatement avec la jeune fille. Je me détend rapidement. Sur mon carnet toutes les questions sont cochées sauf une. Je m’empresse de la poser, Roni la traduit aussitôt avec un sourire aux lèvres : « Quelle est ta musique préférée ? » Au moment où Ashley comprend, je réalise que je viens de poser la question la plus stupide qui soit. Je ne sais plus où me mettre. Les yeux d’Ashley « rient » aux éclats et me répond par le biais de sa maman : « Ne sois pas embarrassé, on me pose souvent la question. Ce n’est pas grave. Cela prouve que tu me vois comme une personne normale, sans handicap. Merci beaucoup. » Malgré cela, j’ai du mal à enchainer. Je m’en veux. Je traverse le grand moment de solitude de Jean-Marie Bigard. Ce n’était pas le premier. Ce n’est certainement pas le dernier.

Stéphan Legrand.

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